ETAT DES LIEUX ET PRATIQUES DES CYBERCRIMINELS AU CAMEROUN
Par , 13 Aug 2013 13h 22min | Intelligence Economique, Intelligence Juridique | 4 Commentaire(s)

ETAT DES LIEUX ET PRATIQUES DES CYBERCRIMINELS AU CAMEROUN

 

Le monde actuel et plus particulièrement l’Afrique connaît un développement économique sous-tendu par le développement contemporain des technologies de l’information et de la communication. Cependant, ce développement a malheureusement entraîné la naissance d’une nouvelle criminalité qui opère dans le monde entier appelée cybercriminalité. En effet, la cybercriminalité s’entent globalement de l’ensemble des infractions pénales susceptibles de se commettre sur ou au moyen d’un système informatique généralement connecté à un réseau. Fléau mondial, le Cameroun, pays de l’Afrique sub-saharienne subit tous les jours les rafles de la cybercriminalité qui, a la particularité de se décliner en plusieurs formes.

1-      Les cas de cybercriminalité rencontrés au Cameroun

Au Cameroun comme partout dans le monde, les cas de cybercriminalité sont globalement recensés en des atteintes aux systèmes informatiques informatique (intrusions ou hacking) des atteintes aux personnes à savoir les atteintes aux libertés individuelles de même que la dignité humaine et des atteintes aux biens aussi bien de l’Etat que des particuliers.

 

2-      Les pratiques proprement dites des cybercriminels au Cameroun et les mesures de lutte mise en branle par ce pays

Au Cameroun, les pratiques des cybercriminels sont récurrentes dans l’escroquerie et l’abus de confiance sur les réseaux, la contrefaçon appelée vulgairement « piraterie », les intrusions ou « hacking » et la fraude sur les cartes de crédit. En effet, depuis quelques temps, plusieurs actes de cybercriminalité perpétrés au préjudice des opérateurs économiques suisses par des entreprises fictives se réclamant du Cameroun ont été  portés à l’attention de l’ambassade de suisse. Un rapport présenté en novembre 2011 par le Ministre des postes et Télécommunications fait état de quelques données sur la cybercriminalité au Cameroun. Depuis 2009, celle-ci a connu une flambée ; plusieurs sites ont été piratés. C’est le cas du site officiel du Premier Ministre, ceux de la douane, du Ministre des domaines et des affaires foncières, de l’université de Yaoundé I, des quotidiens la Nouvelle Expression et Cameroun Tribune et du parti des démocrates camerounais. Idem pour les cybercafés, le rapport du MINPOSTEL indique également la disparition régulière des crédits de communication, la perte de sommes d’argent, la réception de SMS faisant miroiter des choses illusoire. Deux stratagèmes ont été plusieurs fois utilisés ; tout d’abord, il est arrivé que pratiquement au même moment, plusieurs abonnés  à la  téléphonie mobile reçoivent sur leur téléphone portable des messages leur annonçant explicitement ou leur faisant croire qu’ils avaient gagné tantôt de l’argent, tantôt un crédit de communication, tantôt un voyage en Europe avec leur famille, et les invitant, pour les formalités y afférentes, à appeler à un numéro de téléphone qui était clairement indiqué. A chaque fois, au bout du fil, le répondant confirmait le gain et entretenait de très longues conversations téléphoniques avec les victimes, qui devaient plus tard se rendre compte que l’annonce était mensongère. Ensuite, le second stratagème consiste à appeler un abonné très tard la nuit, pour lui annoncer qu’un des siens qu’on nomme très clairement est victime d’un accident de la circulation et se trouve aux services d’urgence (parfois qu’il en est mort) et de demander un transfert immédiat de crédit de communication pour permettre à l’informateur de donner plus de détails sur l’accident. Les fonctionnaires avides de nomination sont aussi assez régulièrement escroqués par des appelants qui leur signalent que leur dossier de nomination à tel poste est en bonne voie, mais qu’il faudrait fournir un pot-de-vin pour un heureux aboutissement. Les institutions financières (banques) ne sont pas épargnées car les infractions contre les cartes de crédit ne sont pas des moindres au  Cameroun ; c’est l’exemple d’une banque de  la  place, dont  les clients en l’espace de quelques jours, ont été débités  de leurs cartes par des personnes hors  du Cameroun à  partir de 116 distributeurs  automatiques. Cette opération a coûté près de 3milliards de FCFA à cette banque.

   Dans le souci de contenir la cybercriminalité, le Cameroun, a organisé son dispositif de lutte à travers une loi relative à la cybersécurité et la cybercriminalitéet d’autres lois toutes aussi importantes dans ce domaine, qui mettent en évidence aussi bien les mesures répressives à travers la sanction pénale des infractions relatives à la cybercriminalité par des peines privatives de liberté et des amendes importantes, que les moyens préventifs à travers la cybersécurité. Cependant, cette lutte est butée à plusieurs obstacles : malgré l’urgence de la réaction contre la cybercriminalité, la loi n’est pas encore effective dans la pratique, elle n’est pas encore concrètement manipulée, L’incompétence des autorités camerounaises et l’absence des outils adéquats sont avérés et l’ignorance du public en ce qui concerne l’ampleur de gravité des conséquences de la cybercriminalité est importante. Un point d’honneur doit donc être mis sur la sensibilisation effective du public et la formation des autorités compétentes et le renforcement des capacités pour freiner les pratiques des cybercriminels au Cameroun.

      

 

                                              Yvonne Sandra OVONO EVANG,

                                               Recherchiste au PRESDIE

                                                                       Département Intelligence Juridique

                       Doctorante en Droit Privé et Sciences Criminelles

 



La loi N°2010/012 du 21 décembre 2010 relative à la  cybersécurité et la cybercriminalité au Cameroun

Il s’agit entre autres de  la loi N°2010/013 du 21décembre 2010  régissant  les communications électroniques au  Cameroun,  la  loi N°2010/021 du  21 décembre  2010 régissant le commerce électronique  au Cameroun, la loi N°2000/011 du 19  décembre  relative au droit d’auteur et aux droits  voisins, la loi  N°90/052 du 19  décembre 1990 relative  à la liberté de la communication sociale modifiée par la loi N°96/04  du 04 janvier  1996 et la  loi N° 2011/012  du 06 mai 2011 portant protection du consommateur au Cameroun

Allocation des outils adéquats.

ANNEXES : La loi N°2010/012 du 21 décembre 2010 relative à la  cybersécurité et la cybercriminalité au Cameroun (NB : c’est un document PDF qui peut être trouvé dans GOOGLE ).

4 Commentaire(s)
noel 14:08:2013 01h 43min 46s
Sujet de plus en plus sérieux! Article intéressant.
teziwoue janvier 16:09:2014 18h 49min 04s
merci pour ce travail
je suis élève inspecteur des postes et télécommunicatio , option management des télécommunications et des TIC à l'ENSPT de Yaoundé.
je suis intéressé par les travaux de lutte contre la cybercriminalé et cet article me donne assez d'info sur certains faits d'a
adibime thomas 30:10:2014 17h 36min 37s
Je voudrais telechargé le fichier sur la loi Camerounaise 2010/012 du 21 Decembre 2010
NDOP SUZANNE 21:05:2015 14h 40min 06s
merci madame pour ces info je suis etudiante en mester2 et mon theme porte sur la cybercriminalité j'aimerai avoir votre soutien dans la documentation vous pouvez me faire signe au 679430943 par sms merci davance
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